TARTUFFE – F W Murnau noir et blanc-muet Un vieil homme vit seul avec sa gouvernante. Cette horrible hypocrite le persuade que son petit-fils est un vaurien pour lui soutirer son héritage. Mais le jeune-homme découvre les manœuvres de la mégère et échafaude un plan. Il se déguise en projectionniste de cinéma ambulant et propose à son grand-père et à la gouvernante une projection à domicile d’une adaptation cinématographique de la pièce de Molière: « Tartuffe »… Tartuffe, un autre hypocrite qui se fait passer pour un homme très pieux et ainsi susciter l’admiration d’Orgon pour mieux profiter de sa richesse et même de sa femme Elmire. La forme du film est très originale pour l’époque. Dans une scène, le petit-fils projectionniste, qui symbolise le réalisateur Murnau prend à témoin le spectateur en s’adressant directement à lui et explique son plan: utiliser le cinématographe pour provoquer une prise de conscience chez le grand-père et démasquer l’hypocrite. On a donc un film dans le film avec un effet de miroir entre les deux histoires et les différents personnages: la gouvernante-Tartuffe, le vieil-homme-Orgon et le projectionniste-Elmire qui utilisent tous deux la ruse. Elmire invite Tartuffe dans sa chambre et cache son mari derrière un rideau afin qu’il voit le vrai visage de Tartuffe tentant de la séduire. C’est d’une grande intelligence et très efficace pour évoquer l’hypocrisie. Le thème de l »hypocrisie » est récurrent chez Murnau. Dans « Le dernier des hommes », le vieux portier d’un grand hôtel berlinois perd son travail et du même coup le magnifique costume qui lui valait l’admiration de tout son quartier qui se détourne alors de lui. Mais lorsqu’il hérite et devient riche ils l’admirent à nouveau… Dans « Nosferatu le vampire » le comte Orlok cache sa vraie nature vampirique à son hôte dont-il convoite la femme. Dans « l’Aurore. », un homme trompe son épouse avec une femme qui le manipule. La réalisation est très sobre, constituée uniquement de plans fixes. Les cadrages serrés mettent en valeur le jeu expressionniste des acteurs. Ils alternent avec des cadrages utilisant souvent de façon très originale la profondeur de champ. Encore un film de Murnau que j’ai adoré. C’est vraiment un des plus grands inventeurs de la narration cinématographique.

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